le cri du corps (au fond des bois)

Le flot rouge est sorti de son lit, et puis l'amant est entré dans le mien...


Pour autant, c'est incroyable comme un corps peut manquer, comme le mien appelle désespérément celui de l'amant perdu.
C'est drôle aussi comme on est dans une société (je veux dire ici, en France) où le corps n'a pas sa place; et puis quand on trouve vraiment à qui parler avec son corps, c'est extraordinaire comme en vérité les corps sont si important dans la relation au monde, comme ils se parlent, facilement; et comme on devient beau (belle oui, comme une reine, n'oublions pas l'altesse), comme les imperfections se taisent, disparaissent, vaincues par la magie. C'est déconcertant et merveilleux. 
Sauf que presque impossible de pouvoir avoir d'autres corps sans trouver le contact fade, voire fadasse. 

Et puis, quand pour une raison ou une autre, la relation se termine (comme ça a été le cas ici), mon dieu quel vertige, quel gouffre! 
Parce qu'alors j'ai donc pris amant(s), mais aucun n'est  celui d'avant, et vraiment, j'ai parfois l'impression de mon corps qui hurle le nom de l'amant perdu.
Je suis interloquée à vrai dire de cette épidermique réaction; une sorte de rejet de celui qui est là, rejet muet, puissant, lutte de moi avec mon corps pour le cacher, je le supplie de se taire...
Pourtant celui qui est là, dans mon lit, il est gentil, le corps est appétissant. 
Mais les baisers...
Mais la texture de la peau... 
Mais l'odeur, 
Mais la transpiration, 
Mais son intimité, 
Mais, mais, mais...
Bon, tant pis pour mon corps, je le ré-apprivoiserai tant bien que mal, je le consolerai parce que je ne peux compter que sur moi pour ça, en me laissant aller plus dans les sensations qui me transportent et qui ne m'emmènent pas vers un comparatif.
Mais alors je me demande si je ne deviendrai pas frigide si je me force trop à  ?
La sagesse serait peut-être de rompre ces relations rideau ou écran de fumée, et de vivre le deuil ?
De laisser mon corps vivre son deuil. Enfin tenir compte de ce cri silencieux.

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