Ch'uis pas drôle... 2


C’est douloureux d’aller au cœur de l’apocalypse (j’aime beaucoup ce mot d’apocalypse, il est dur d’intonation et compliqué à écrire).

Ce matin d’avril, ensoleillé, presque trop chaud dans ton manteau léger, tu es comme toujours, décalée dans tes habits, bizarre pour le moins. Décalée aussi, tu l’es parce que tu sais déjà ce qui va t’être annoncé, mais tu crois encore qu’une simple pensée magique l’empêchera.

Pourtant, le miracle n’aura pas lieu, et la voilà l’apocalypse, et tu auras pendant longtemps une sourde aversion au printemps sans averses.

Pendant de trop longues années, personne ne comprendra ta terreur, ne saura l’effroi. Tu laisses à voir une statue colorée, joyeuse, criarde même tant est puissant le sentiment d’impuissance.

Mais elle est de sel cette statue, peut-être le sel de la vie, mais tu ne le sais pas, tu sens juste que l’eau de tes larmes ronge, érode, menace la construction.

Le salut est enfin venu, par la parole. C’est une folle farandole où tout danse. Tu perds ton statut d’étrange étrangère aux autres.  Mais toi, tu sais que tu es comme une ville après la guerre où règnent en maîtres l’odeur des cadavres et les bâtiments en ruine. Peut-être ta vie ne suffira pas à rendre à cet espace la vie ; quand même, bienvenue au monde.

Commentaires

  1. Il ya parfois sous les ruines des fondations plus solides qu'on ne le croit..
    Mais c'est du taf de dégager les gravas.

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  2. C'est très juste ce que tu dis!
    C'est vrai que ce qui est raconté ici, ça va se chercher loin en fait dans la mémoire "affective" (+ de 20 ans), et c'est fait "à la main";)... je ne pense pas que je pourrais sur un clavier, parce que ça met trop de distance!

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  3. Je fais comme toi, du "à la main" pour mes lointaines casseroles. Non, le clavier, ce n'est pas pareil. Le papier, le stylo..,ça donne une âme aux choses.
    Et ça fait du bien quand c'est fait:)

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